Note d’intentions

Médo(S)”, un film conjugué à l’impartiel du subjectif !

Notre rencontre remonte à juillet 2006, lors du tournage d’un trailer pour le saxophoniste berlinois Wanja Slavin. J’ai été de suite frappé par son sens du contact, sa vivacité d’esprit et sa manière permanente de se mettre en scène. J’ai senti qu’il y avait une véritable matière “politique” à travailler… Ce désir permanent d’être libre, de construire cette liberté de jour en jour, insensiblement et cela, en évitant de tomber dans une forme d’anarchie stérile. Ce projet, ce rendez-vous artistique repose sur une confiance mutuelle et une connivence artistique et intellectuelle : cette volonté constante de se remettre en question, d’expérimenter toutes les possibilités, de donner le maximum à chaque seconde, à chaque battement et d’accepter également de se tromper pour mieux rebondir…

Médéric m’impressionne, au-delà de ses nombreux talents, par l’énergie positive qu’il transmet au public à chacune de ses performances, quel que soit le public ou la formation dans laquelle il joue. Il offre un « one man show » perpétuel. Cela nécessite inexorablement une remise en question permanente. Questions récurrentes des personnes croisées apprennant le “sujet” de mon documentaire “D’où vient toute cette énergie ?” “Est il tout le temps comme cela?” “Ce n’est pas trop fastidieux de le suivre?”… Médéric est constamment habité par cette urgence, sur scène et hors scène. Cette énergie permanente est l’un des moteurs de mon film.

La musique, l’Art, avec lui restent un des derniers bastions de l’imprévisible, du non-déterminé, de l’éphémère, du risque. Je ne conçois pas “Médo(S)” comme un “film catalogue” de ses talents mais comme un moment d’expérimentation, un espace de liberté, un “work in progress” forcement partiel et subjectif…

Comment saisir la vérité de ce personnage musical complexe ? D’une part, il attise facilement la curiosité des spectateurs qui se sentent obliger de lui parler après les concerts, de le tutoyer, de le surnommer « Médo » (quand bien même, c’est la première fois qu’il se rencontre !) et d’autre part, il fascine les jeunes jazzmans qui lui vouent une admiration considérable. De nombreux journalistes le qualifient de nouvelle icône du jazz contemporain. Cette familiarité, il en joue, comme si le « show » ne pouvait se terminer une fois descendu de scène. Il semble mettre peu de distanciation avec ses amis, les spectateurs, les inconnus…

Médéric est énormément sollicité, bouscule, suscite, dérange indiscutablement. Soit, on l’adore. Soit, on le déteste. Dans tous les cas, il ne laisse pas insensible.

Comment filmer ce geste qui se crée, ce geste qui bouscule, ce geste qui en fait peut être trop… Nous l’avons vu. Médéric est multiple. Et irréductiblement Un, d’où le S entre parenthèses dans le titre de mon film “Médo(S) avec un clin d’oeil évident et amusé au S de superman !”

 Josselin Carré

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